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Nouvelles des Amis
Textes d' Adhérents - Armand_Stroh . Explications 1

 Bonjour aux visiteurs du site de l' association Ultime Liberté" ,

Ceci est le développement d'un commentaire laissé sur le "Blog d'un père de famille nombreuse"  (Olivier Chourrot ) dont les thèses sont critiques par rapport aux objectifs de notre propre association , ainsi que de ceux , proches de l' ADMD.

Armand Stroh ( décembre 2009 )  :

Je suis de ceux qui considèrent qu'il doit y avoir un droit moral égal et librement assumé pour chaque personne humaine à définir les conditions d' exercice de sa propre liberté :

Le seul cadre juridiquement englobant comme plus haute instance  en matière de droit que je suis prêt à accepter comme obligation collective étant celui de la "Déclaration Universelle des Droits de l' Homme" , que je demanderai alors à chaque être humain de respecter , dans la même mesure où il peut alors légitimement me demander également de le respecter .
( Les différentes législations nationales des "états de droit"  reconnaissent pour la plupart dans leur constitution , leur propre inscription dans ce cadre juridique international des "Droits de l' Homme" )

A l'intérieur de ce cadre "universel" des "droits de l'homme", deux positions personnelles sont possibles :

-  ceux qui veulent placer l' exercice de leur liberté sous la régulation d'une norme communautaire traditionnelle dont ils se sentent à la fois les "protégés" et les "défenseurs" ou les "héritiers" ( par exemple une norme religieuse ou encore de tradition morale nationale ou culturelle familiale , ou encore celle d'un cadre politique et juridique national tel qu'il a existé jusqu'à présent et qu'on admettrait comme prescripteur substitut de "morale collective"  )

- ceux qui , précisément au nom de leur propre libre choix personnel ( qualifié sans doute de "libéral-libertaire" par certains ) , se considèrent désormais eux-mêmes comme seuls juges ultimes de ce qui est "bien" ou "mal" pour eux-mêmes en termes de morale , mais précisément en reconnaissant immédiatement en même temps qu'en aucun cas ils ne chercheront à contraindre d' autres personnes qu'eux-mêmes à adopter leur propre position personnelle, ni à demander un cadre juridique ou politique contraignant pour l' égale liberté personnelle de ces autres morales.

A titre personnel , je m'inscris dans ce deuxième groupe , à partir précisément d'une libre décision personnelle d' en faire partie et de constituer progressivement , avec toute autre personne dans le monde qui choisirait LIBREMENT cette même orientation , une nouvelle forme de lien et de réseaux de solidarité associative , précisément basée sur ce libre choix personnel et  la claire reconnaissance réciproque de cette autonomie personnelle , où chacun se garantirait réciproquement cette même liberté personnelle : celle-là même que normalement , la "Déclaration Universelle des Droits de l' Homme" est supposée défendre , contre l' emprise notamment des anciens pouvoirs collectifs coercitifs traditionnels.

S'agissant du problème précis de l' euthanasie et du suicide assisté ( comme librement , explicitement et clairement choisis par la personne elle-même et évidemment pas sous la pression physique ou morale d'un quelconque "groupe social" , ni familial , ni politique , ni économique, etc. ), je considère que chaque personne a le droit moral de choisir , pour elle-même , et strictement pour elle-même ( pas en l' imposant à d'autres ! ) la forme de mort qu'elle souhaite LIBREMENT , bien sûr en supposant qu'il y ait des garanties suffisantes que ce choix soit effectivement libre et personnel et non pas rendu à nouveau plus ou moins "obligatoire" par une nouvelle forme de pression sociale ou d'autorité sociale qui remplacerait les anciennes .

Alors en effet je suis particulièrement sensible à tous les arguments contre la "libéralisation" de l' euthanasie ou du suicide assisté volontaires qui posent cette question des pressions sociales de toutes sortes qui pourraient s'exercer sur la personne pour l' orienter vers un choix d' "euthanasie" , pour des raisons et motifs sociaux , culturels , économiques, etc. et d'une façon générale des intérêts qui n'auraient rien à voir avec le LIBRE choix personnel de la personne elle-même.

Il y a alors deux pistes différentes à explorer pour ceux qui considèrent qu'ils sont eux-mêmes moralement autonomes ( simultanément auteurs , "législateurs" et "sujets" soumis à leur propre "loi morale" ) :

- Piste 1 :
Celle de la mise en commun , avec ceux qui partagent comme eux , LIBREMENT , une telle philosophie morale , des moyens de solidarité réciproque , sur la base de ce choix moral partagé , de réaliser leur volonté commune : indépendamment de l' état de la loi juridique nationale dans tel ou tel pays , trouver les moyens , à l' échelle internationale , de leur permettre de réaliser malgré les "interdits" locaux , leur projet commun , en s'appuyant , en terme de légitimité juridique, directement sur les droits de l' homme tels qu'ils peuvent et doivent être "garantis" à partir de la "Déclaration Universelle des Droits de l' Homme" .
( c'est ce qui s'est passé pour le droit à l' avortement , lorsque ce droit était encore refusé par la législation française , en organisant la possibilité d' aller dans les pays où ce droit était légal ) .

Il est dorénavant de plus en plus clair que ceux qui partagent une telle philosophie de la liberté personnelle s'organiseront entre eux , au niveau international , en basant leur confiance réciproque - d'abord liée à leur commune idée de l' égale liberté personnelle - , dans le cadre de nouvelles formes de législations transnationales  directement soumises au cadre universalisable des "Droits de l' Homme" ( celui que de façon internationale , les différents pays ont accepté de signer ... ) , de telle sorte qu'ils puissent avoir accès directement, comme personne humaine "libre et égale" , à n'importe lequel des droits existant dans l'un quelconque des pays signataires et considéré comme non contraire à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme . Évidemment , il ne s'agit ici que de l' aspect "formel" de ce droit , en ce sens que pour le financement ou l'usage  technique et économique des ressources nécessaires , une telle communauté se donnera également , par solidarité économique associative interne , les moyens autonomes de la réalisation de ses projets internes.

2. La Piste 2 :
Cette stratégie , comme pour d'autres aspects de transformation politique , sociale ou économique collective , consiste toujours encore à espérer changer la législation nationale , dans le cadre "démocratique" , en espérant convaincre une majorité politique de changer la législation dans tel ou tel sens .
Donc en établissant les conditions d'un débat  démocratique entre partisans et adversaires de telle ou telle transformation législative , comme ici sur la question de la légalisation ( nationale )  de l' euthanasie ou du droit au suicide assisté , comme il y a eu débat sur le droit à l' avortement , ou actuellement quant au droit au "mariage" ou à l' adoption pour les couples "gais ou lesbiens" .

Mais , pour moi il est désormais très clair  que pour toutes ces questions dites de "société" , où les convictions morales personnelles des uns et des autres sont en cause , et où on ne voit pas quelles contraintes matérielles ou économiques devraient nécessairement impliquer une décision collective univoque à laquelle tout le monde devrait se soumettre ,
( Comme c'est le cas par exemple pour un code de la route , où il faut en effet que tout le monde "roule à droite" ou "roule à gauche" ) ,
 "NouS"  serons de plus en plus nombreux ,  comme "personnes libres et égales" se considérant elles-mêmes librement comme telles ( que vous pouvez , si vous le voulez appeler "libéraux-libertaires"  , mais j' ajoute aussi  : "égalitaires"  car la liberté et le droit en question sont mutuellement reconnus comme égaux ) , à ne plus laisser leur projet commun de société de "personnes libres et égales" être ligoté , voire "interdit" par les anciennes "appartenances" historiques d'une supposée "identité nationale" et où en permanence , soit on est obligé de construire un "consensus" qui ne satisfait personne , soit on assiste au petit jeu où une "majorité" politique défait ce qu'une autre s'est efforcé de mettre en place en contraignant juridiquement telle ou telle "minorité" à adopter l'opinion provisoirement "majoritaire" .

Je veux bien alors considérer l' argument contre une LOI nationale autorisant explicitement l' euthanasie ou le suicide assisté , parce qu'elle pourrait en effet être détournée par toutes sortes de personnes ou de forces collectives qui ne partagent pas la philosophie de l' autonomie et de l' "égale liberté personnelle" , au profit d'intérêts divers.
Mais je demande alors aussi que les aspects actuels des lois existantes qui INTERDISENT l' euthanasie volontaire librement choisie ou le suicide assisté soient abrogées :

Levons dans ce cas mutuellement les contraintes légales par lesquelles nous croyons encore avoir le droit moral de contraindre les autres à adopter notre point de vue moral sous prétexte qu'ils vivent dans le même pays .
Il y eut un temps ( avant les lois sur la laïcité ) où certains pensaient impensable que chaque personne puisse librement choisir, à titre individuel , sa croyance et ses pratiques religieuses ou son athéisme , etc. et où beaucoup , dans un sens ou un autre , pensaient l'intervention de l' Etat légitime au nom de l' intérêt collectif .
 
Nous avons réussi en France  ( contrairement à d'autres pays )   à considérer que la question de l' exercice ou non d'une religion ou l' expression d'une croyance n' était plus dans la fonction de la collectivité "politique" et "juridique" , que celle-ci devait simplement garantir précisément l' égal exercice de la liberté de chaque personne à ce sujet .

Sur toutes ces questions de type "morale individuelle" , où seul le sort de la personne elle-même qui prend ces décisions est en jeu , nous pourrions en effet  progressivement adopter la même attitude "laïque" : la collectivité politique ne faisant que garantir que cette liberté individuelle des personnes ne soit pas remise en cause et que chacun puisse à égalité , exercer une telle liberté de choix .

Mais faut-il aujourd'hui refaire la même quasi guerre civile , comme celle qui a opposé au XIXème siècle et jusqu' aux lois laïques  les "républicains" et les "cléricaux" ?

Je ne le crois pas nécessaire : nous pourrions tenir compte de cette "leçon du passé" et sur la base de notre devise apparemment consensuelle de "Liberté Egalité Fraternité" , laisser en effet chacun de plus en plus "juge" de sa propre vie  en constituant avec ceux qui pensent comme lui-même les solidarités "associatives" de son choix  ( y compris religieuses évidemment, pour ceux qui le souhaitent ) .

Pour ma part les choses sont claires : sur toutes ces thématiques liées aux "morales personnelles"  , et pourtant dites "de société" :

- soit les législations nationales de nos pays démocratiques évoluent vers plus de tolérance réciproque dans la diversité des conceptions PERSONNELLES du "bien moral"  . Je ne propose évidemment pas ici une forme de "communautarisme" où chaque "communauté" ethnique ou religieuse se croirait "autorisée" à IMPOSER sa propre "légalité" aux personnes individuelles qui , sans l' avoir librement choisi , en seraient "membres" par naissance ou tradition ou toute autre "appartenance" préalable supposée  !

- soit "NouS" ( "personnes autonomes libres et égales" ) , NouS constituerons collectivement  et librement , sans plus rien demander à d'autres qu' à "nous-mêmes" , les formes associatives transnationales dont "NouS" avons besoin pour exercer en commun notre "égale liberté" , et NouS laisserons les autres se débrouiller entre eux ... comme avant .
Pour cela NouS constituerons , s'il le faut , de nouvelles formes de collectivité juridiques transnationales , directement dépendantes de la seule garantie du Droit international fondé sur la Déclaration Universelle des Droits de l' Homme .

Libre à chacun de proposer ses objections ...

Date de création : 28/11/2009 @ 15:37
Dernière modification : 02/01/2010 @ 01:02
Catégorie : Textes d' Adhérents
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