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REFLEXIONS SUR MA FIN DE VIE

REFLEXIONS SUR MA FIN DE VIE

( par une adhérente )

 

 

Il n’est jamais trop tôt pour aborder cette question de la fin de MA vie. Non que j’aie envie de quitter la scène maintenant, c’est trop intéressant. A 72 ans, l’échéance est (peut-être) encore lointaine ? Tant mieux, la réflexion est plus objective, plus distancée, moins troublée par les émotions.

Réfléchir à ma mort n’est pas du tout morbide. C’est une manière au contraire d’affirmer le goût pour cette vie que j’essaie de rendre jusqu’au bout créative, ouverte, accueillante aux surprises et évènements inattendus, fussent-ils désagréables au départ. Et j’ai un besoin vital d’être rassurée sur le scénario possible du dénouement de l’aventure pour vivre cette dernière étape de ma vieillesse librement et sereinement.

Ceci est ma réflexion aujourd’hui. Elle peut évoluer, je peux la remettre en cause. Mais j’ai envie de l’écrire pour pouvoir l’oublier au quotidien, et aussi la partager pour faire avancer le droit, ce droit de choisir l’heure et le mode de ma mort. J’ai pu constater, et de plus en plus, que cette préoccupation est largement partagée et qu’elle a besoin d’être écoutée, entendue, comprise. Comme on ne vit pas seul, pour soi, on ne meurt pas seul.

Je crois pouvoir dire que je n’ai pas peur de la mort. Je l’ai approchée lors de mon cancer il y a 8 ans. Je trouvais qu’avoir vécu 65 ans, ce n’était déjà pas si mal, ce n’est pas donné à tout le monde!

La mort est inséparable de la vie, lui donner du sens fait partie de notre responsabilité humaine. La science nous donne aujourd’hui une conscience plus vive du caractère à la fois totalement dérisoire et vraiment miraculeux, de notre passage sur terre, dans un univers qui ne cesse de grandir à nos yeux. Cela nous incite à accepter sans la dramatiser cette évidence de notre mort. Les sages de toutes cultures nous aident à intégrer dans notre art de vivre cette perspective de notre mort. On ne peut y échapper, même si elle reste un … drôle de mystère…

J’aimerais que la vie me fasse le cadeau d’une mort douce, sans souffrance, discrète, sans tapage, et sans avoir à y mettre la main… Mais hélas, il ne faut pas trop rêver…

Alors, voilà des éléments de ma réflexion :

 

Donc, OK pour vivre le plus longtemps possible ma vieillesse.

 

PAR CONTRE

 

 

Bon, mais concrètement…? Il est bien difficile de déterminer quand, comment, à partir de quoi, de quand, la vie a un coût trop élevé pour soi et pour la société.

 

Pour vivre sereinement ma vieillesse, j’ai besoin d’être rassurée sur ce point : quand je jugerai que mon état de santé ne me permet pas de donner un sens à ma vie, (ou si un diagnostic de maladie d’Alzheimer est posé sur moi), je veux avoir les moyens de mourir sans souffrance.

Et j’espère trouver l’aide pour cela. Merci la Vie !

Petit codicille à mes directives anticipées :

Si un diagnostic de maladie d’Alzheimer (ou autre maladie de dégénérescence neurologique) est posé sur moi, je REFUSE ABSOLUMENT d’être placée dans une EHPAD. Je veux que, rapidement, l’on m’apporte une aide à une mort douce (sens du mot : euthanasie)

Je dis cela très fort aujourd’hui car je sais qu’une maladie d’Alzheimer altèrerait mes facultés intellectuelles, cognitives, comportementales, et qu’alors, je ne pourrais plus exprimer clairement ma volonté.

Je veux que l’on respecte ce que j’exprime aujourd’hui, à cette étape de ma vie où, à 72 ans, je suis en pleine possession de mes moyens, et vis une vieillesse heureuse.

J’ai un petit emploi d’aide à la personne auprès d’une malade d’Alzheimer de 80 ans. Elle est adorable. Elle a les moyens financiers pour vieillir à son domicile avec des aides suffisantes et compétentes. Elle est exceptionnellement bien entourée affectivement. Je ne doute aucunement de la valeur de SA vie, bien qu’elle ait perdu quasiment toute initiative sur les décisions de sa vie.

On a le droit de faire d’autres choix. Le mien est très personnel, et très réfléchi. Il y aura dans quelques décennies le double de malades d’Alzheimer. Déjà, la maltraitance en EHPAD – non pas volontaire mais structurelle – est largement avérée, et en augmentation constante. Je refuse de faire tourner ce système pervers où les malades, les personnes âgées en fin de vie deviennent une marchandise, à la fois maltraitée et lucrative.

Je sais que l’euthanasie, l’aide à une mort douce, est interdite en France, mais j’espère que cela changera et, si ce n’est pas le cas quand ce sera mon heure, j’espère que des personnes bienveillantes à mon égard sauront transgresser la loi par humanité, amitié, amour pour moi.

Je les en remercie infiniment… éternellement !

23 octobre 2017

1 J’aime aussi l’expression : « auto-délivrance assistée », plutôt que « suicide assisté ».

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Date de création : 24/01/2018 @ 09:50
Dernière modification : 24/01/2018 @ 09:50
Catégorie : TEXTES d'adhérents
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