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Poeme : Liberté ( Pierre Davy )

Un texte de :

Pierre Davy

La vende 2017

 

 

LIBERTÉ

 

Je veux, pour une fois, avoir mon libre arbitre;

Disposer de moi-même ainsi que je l'entends.

Ce qui, jusqu'à ce jour, m'a été contesté.

Lorsque l'on m'a conçu, moi, je n'étais pas là.

Un spermatozoïde, un peu aventureux,

S'est permis d'agresser un ovule accueillant.

Je plaide non coupable;

Ma carte génétique ne dépend pas de moi.

Depuis, s'est écoulé le ruisseau de ma vie.

Ne croyez surtout pas les dires bucoliques.

Un ruisseau est stupide, il s'adapte à la pente.

Il se heurte aux rochers, il stagne dans les mares.

Quand il trace des boucles, c'est qu'il y est contraint,

Et dans les droites lignes, il est canalisé.

Ainsi va de ma vie. J'ai cru en disposer,

Elle m'a été dictée, et je l'ai acceptée.

Je suis né, j'ai vécu, un peu à mon insu.

C'est pourquoi j'aimerais, esclave libéré,

Décider de ma mort, plutôt que de l'attendre.

Pouvoir dire, un beau soir, à l'issue d'un festin,

Merci, messieurs, mesdames, c'était vraiment très bien,

Pourtant il se fait tard, il faut que je m'en aille.

L'idée me séduit bien, mais deux questions se posent:

Celle de l'échéance et celle des moyens.

Quand donc sera-t-il temps? Là, j'ai mon opinion.

Si je ne peux plus voir un coucher de soleil,

Ou bien ne plus entendre les pleurs d'un adagio,

Si je n'ai plus la force de ma propre survie,

Irrémédiablement...

Alors, je veux mourir, en toute indépendance,

Et de ma propre main.

Si ma conscience fuit, si ma tête s'égare,

Si j'oublie qui je suis et qui sont ceux que j'aime,

Je veux qu'ils aient le droit de décider ma mort,

Et d'être mes bourreaux en toute impunité.

Mais, quand on veut se tuer, reste à savoir comment.

Les moyens sont multiples, souvent inélégants,

Douloureux, lamentables, parfois aléatoires.

Je rêve de chimie qui guérit de la vie.

Petit médicament, sous un dernier whisky;

Comme un modeste outil fait juste à ma mesure,

Que je conserverais tel un bijou précieux.

Marqué de la mention: servir à qui de droit;

Et qui m'évitera l'agonie des mouroirs.

J'espère une justice, voire une religion,

Et une société qui enfin le proclament:

Ta mort t'appartient, ta liberté est là!

 

 

 


Date de création : 31/05/2019 @ 17:29
Dernière modification : 31/05/2019 @ 17:29
Catégorie : TEXTES d'adhérents
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